Alors que le Concours des Vins d'Orange vient de se dérouler le week-end dernier, que les pré - sélections pour celui de Paris, qui aura lieu le 28 février, viennent de se dérouler à Tulette, que ceux de Vinsobres et Tulette arrivent en Mars, il peut-être intéressant pour nos lecteurs de savoir à quoi s'en tenir. Le consommateur se demande toujours lorsqu’il voit des macarons représentant une médaille à un Concours des Vins si ce ne sont pas en fait des médailles en chocolat ! Pour les concours il en est de même que pour beaucoup d’autres spécificités dans le vin : il faut s’y connaître. En effet il y a Concours et Concours…Apprenez à distinguer ceux-ci.
Photo : présélection à Tulette le 9 février 2016
Quel Concours ?
Il y a en France et dans le Monde de nombreux concours organisés. Les résultats des concours internationaux sont très prisés (par les consommateurs étrangers) mais sont moins suivis par les vignerons français lorsqu’ils ne se déroulent pas en France (ce qui est un tort). Ce sont des Concours généralistes (Mondial du Rosé, Vinalies, Québec, Allemagne) ou des concours de vins internationaux issus de cépages bien définis (Riesling, Muscat, Syrah du Monde)
En France il y a tout d’abord des Concours généralistes (Paris, Mâcon) où tous les vins de France peuvent concourir. Depuis 2 ans il y a aussi un concours national que pour les vins IGP de France ( ex Vins de pays) .
Et puis il y a, dans chaque appellation, des concours plus ou moins bien organisés. Il y a, pour le sérieux du concours, une reconnaissance officielle au niveau Européen ( Europe) ou International (OIV : Organisation Internationale du Vin). Les normes de l’OIV sont drastiques (au niveau des jurys, des échantillons, de la dégustation) et peu de concours en France bénéficient de son parrainage (Vinalies, Citadelles du Vin). Mais les normes Européennes sont plus souples et les concours de notre région sont, en général, agréés.
Les
critères à respecter
Il y a plusieurs critères qui font que telle ou
telle médaille est plus fiable qu’une autre .
Il faut savoir que la présentation d’un vin à un
concours est une démarche personnelle du vigneron – et payante la plupart du
temps. Il y a donc de l’argent en jeu et
on doit donc s’assurer de l’indépendance des jurés et du concours.
Il faut donc être sûr que les prélèvements soient
faits directement dans les chais, par les organisateurs, permettant d'éviter une cuvée préparée ou
« bodybuildée » que l’on ne retrouvera pas ensuite dans le
commerce ou, pour les grands concours, que
les sélections avant la Finale soient rigoureuses (comme pour le Concours
général de Paris).
Ensuite la quantité et surtout la qualité des Jurés
doit être optimale. Il y a toujours dans les jurys des professionnels et des
amateurs que l’on dit « éclairés ». Mais si les professionnels sont
formés depuis longtemps, les amateurs portent souvent bien leur nom.
Il faut donc savoir que pour pallier ce
manque de connaissances certains
Concours proposent depuis des années des formations à leurs jurés ( Orange, Vacqueyras) .
Il faut aussi s’assurer que l’organisation du concours est rigoureuse et
transparente avec un anonymat bien respectée, l’impossibilité de savoir ce que
l’on déguste (hormis le nom de l’appellation et le millésime).
Enfin le nombre d’échantillons dégustés doit représenter l’appellation et un
nombre d’hectolitres (ou de bouteilles)
suffisant pour être caractéristique de la spécificité du Concours.
Enfin pour un concours il y a un point
qui n’est pas à négliger (mais qui l’est souvent) c’est celui de la
communication. En effet aussi bien pour les vignerons que pour les
consommateurs il faut que les résultats puissent être connus pour être
valorisés (logo, site Internet, remise des prix, publication des résultats dans
la presse spécialisée et généraliste).
Sur tous ces points on peut dire que trois concours
de notre région méritent un bon point : Orange, Vinsobres et Tulette.
Concours des Vins d’Orange : + de 60 ans
au top

Depuis sa création en 1952, le Concours des Vins à Orange récompense les meilleurs vins des Côtes du Rhône et de la Vallée du Rhône. Il distribue Médailles d’or avec Félicitations du Jury, Médailles d’Or, d’Argent et de bronze. Cette distinction reconnue en France comme à l’étranger permet aux vignerons, négociants, caves coopératives et domaines de valoriser leur production, de mieux faire reconnaître leurs terroirs et leurs vins. Cette Association est née de la volonté d’une poignée de Professionnels du Vin de la Ville d’Orange – Négociants, Commissionnaires, Courtiers et Producteurs – en 1952. La Foire aux Vins d’Orange est la doyenne des Manifestations Viticoles de la Vallée du Rhône puisqu’à sa création, il n’existait pas encore de Comité Interprofessionnel ni aucun Concours de dégustation. Pour la petite histoire, disons qu’elle rassembla la première année, 26 échantillons et 16 dégustateurs ! Elle n’a cessé de grandir pour acquérir aujourd’hui une dimension européenne et internationale. En 2007, elle changea de dénomination pour devenir « Concours des Vins à Orange ». Manifestation incontournable, reconnue par les instances européennes, elle rassemble chaque année plus de 3000 échantillons de diverses Appellations de la Vallée du Rhône et strictement de la Vallée du Rhône, réparties en 150 Jurys de dégustateurs composés de 650 professionnels français et étrangers ( Belgique, d'Allemagne, de Suisse mais aussi des États-Unis) et d’amateurs avertis. Ils distribuent de 70 à 80 Médailles d’Or avec Félicitations du Jury et 250 Médailles d’Or à peu près chaque année. Le Concours organise des soirées dégustations de découvertes des appellations qui sont orchestrées par Philippe Dauguet (champion de France des dégustateurs amateurs) dans les conditions réelles du concours. Une quarantaine de dégustateurs pour chacune de ces "épreuves" y sont mis dans les conditions réelles du concours. Ces soirées, baptisées "brutes de cuves", sont toujours très attendues par les dégustateurs. Orange est, avec Paris et Mâcon, l’un des plus grands concours de France. Il est connu et apprécié pour la rigueur de ses prélèvements à la propriété.
Vinsobres :
la référence des Villages et des Crus

Tulette :
Pour les Côtes du Rhône

Autres Concours
A QUOI SERT UN CONCOURS ?
1 –
A guider le choix du Consommateur
Ce n’est pas si facile qu’on
le croit, aujourd'hui, de bien choisir son vin. Surtout quand on se sert dans
la grande
distribution, qui représente 80% des achats de bouteilles. En effet l’offre faite aux consommateurs (des femmes dans la plupart des cas), propose un
linéaire de souvent plusieurs
centaines de références, sans aucun conseil personnalisé ni aucune possibilité
de tester le vin... Alors à quoi, à
qui se fier ? À la couleur de l'étiquette ? Au
packaging ? Au prix ? Au nom
de l'appellation ? Au millésime ? Au
nom du vigneron ? On voit bien que
chaque solution a ses avantages et ses inconvénients. Une médaille à un Concours est immédiatement repérable sur la bouteille, et elle représente
pour l’acheteur une vraie garantie de qualité s’il connait le Concours, s’il
a la certitude que le vin
médaillé a été dégusté et apprécié par un jury de spécialistes de cette appellation, la certitude de faire plaisir et de
se faire plaisir.
2 – A
distinguer les Vignerons
Le vigneron qui
reçoit une médaille sait qu’il est reconnu par ses pairs et par des
connaisseurs et que son vin sera valorisé par cette obtention. Mais si les
distinctions, médailles et récompenses ont été, depuis le début, recherchées
par les professionnels c’est qu’ils
savent - et c’est une tendance qui ne va qu’en s’amplifiant - que les acheteurs
de GMS demandent des vins médaillés, notamment pour leurs Foires aux vins et
que les consommateurs sont sensibles à ces distinctions pour guider leurs
achats. Or le vigneron son vin pour le vendre…
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